L’Halloween est sans conteste l’une des fêtes les plus aimées des jeunes. Il est évident que la distribution des bonbons contribue à sa popularité. Il ne faut cependant pas amoindrir le fait que le folklore de cette soirée ouvre aussi une porte sur l’imaginaire, sur les mystères et la fantaisie, ce qui interpelle bon nombre de petits et grands. Il s’agit donc d’une occasion parfaite pour promouvoir la littérature de genre auprès des lecteurs.

C’est cette idée qui m’a amené à tenter une expérience un peu hors de l’ordinaire à la bibliothèque : créer un labyrinthe hanté dans les rayons de livres. Ce n’est évidemment pas un projet qui se monte en solo, ce qui tombe bien, car ce genre d’animation interpelle particulièrement les adolescents, soit un public difficile à séduire en bibliothèque publique. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils lisent beaucoup à l’école et que les établissements scolaires secondaires sont déjà dotés de bibliothèques bien garnies. Alors que peuvent-ils trouver de plus en milieu municipal ?

Mon expérience m’a amené à comprendre que les adolescents n’ont pas tant envie de se présenter pour des conférences, ce qu’ils veulent surtout c’est s’amuser, mais d’abord et avant tout se sentir impliqué, respecté et libre d’y mettre un peu d’eux-mêmes ! Tout le secret des animations avec les adolescents se situe-là à mon avis. À partir du moment où ils sont sur les lieux, ils explorent naturellement ce qui leur est proposé. C’est donc un forfait intéressant : implication communautaire, création, exploration d’univers de genre, et surtout énormément de plaisir, d’échange et d’entraide entre les participants.

Ils se retrouvent au cœur même du projet, car ils se présentent à la bibliothèque 4 ou 5 fois durant les semaines précédentes pour tout mettre en œuvre. Lors du soir fatidique, les visiteurs peuvent se risquer à emprunter un livre à l’aveuglette, mais ce qui est préférable c’est de remettre des listes de lectures sur le thème de l’heure, question de faire durer les frissons au-delà de ce seul soir.

Il est à noter qu’en plus d’amener les adolescents à fréquenter sporadiquement la bibliothèque municipale, de s’y sentir accueilli, l’activité amène une énorme visibilité, ce qui est non négligeable. Les retombées sont toujours au rendez-vous, mais le plus important reste que toute la communauté en tire du plaisir !

En tant que responsable et animatrice de ces soirées, je dois dire que c’est devenu une de mes activités préférées. C’est toujours une joie de retrouver les adolescents à l’automne et de voir que ceux qui quittent pour le cégep sont vite remplacés par de nouveaux visages !

« Je trouve que ce concept de bibliothèque hantée nous fait entrer dans un autre monde, un monde littéraire hantée, avec tous les méchants les plus redoutés de nos histoires d’horreur préférées ! De plus, cela crée des liens entre chaque ”acteurs”. Ça fait 3 ans que je fais la biblio hantée et je ne suis pas prêt d’arrêter ! »

— Xavier, participant depuis 3 ans.

«  J’ai adoré faire partie du merveilleux projet de la Bibliothèque Hantée à Roxton Pond ! C’est un projet qui demande de la créativité et qui nous permet de nous amuser tout en donnant le sourire aux plus jeunes passant l’Halloween ! »

— Alexanne, participante depuis 3 ans.

Passez une belle soirée d’Halloween !!!

 

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Rachel Graveline

Née le 7 novembre 1979 à Montréal, Rachel Graveline est détentrice de deux DEC, un premier en Arts : Exploration théâtrale et un second Techniques de la documentation. Si elle a d’abord souhaité se diriger dans le milieu du spectacle, son envie de canaliser sa créativité à travers les mots l’a fait bifurquer en Création littéraire à l’UQAM. En croisant sa passion pour la littérature et son désir d’animer des ateliers culturels, Rachel a travaillé plusieurs années dans différentes bibliothèques. Mais son imaginaire foisonnant l’a poussée à créer des histoires. Même si c’est à un jeune âge qu’elle a commencé l’écriture, ce n’est qu’après son troisième enfant qu’elle s’est investie dans son projet de devenir auteure.

En 2018, son premier roman publié chez Béliveau éditeur, Karmacélia : secrets, rituels et sacrifices, se retrouve en librairie. Son aventure se déploie à l’été 2021 avec la publication de trois séries (Camping Transylvanie, Monsieur Zombie et les zombinos et Hantises) aux Éditions Victor et Anaïs. Elle y publie aussi Mystère et pommes d’amour, une romance pétillante pour les préadolescents. Au printemps 2022, Rachel publie son premier roman Frissons, Sombres aveux. Son second roman de la même collection chez Héritage jeunesse, Spectacle morbide, paraîtra d’ailleurs à l’automne 2022. Plusieurs autres titres verront aussi le jour en 2023, notamment avec sa nouvelle maison, les Éditions Pratico-pratique. Dans chacune de ses création, son but reste d'offrir des refuges au cœur de l’imaginaire.