La romance en trois temps : fillettes, demoiselles et dames

La romance en trois temps : fillettes, demoiselles et dames

Rose bonbon, lilas, dentelle, crinoline, jupon, manches bouffantes, coquettes chaussures… Comme beaucoup de fillettes aux prunelles pétillantes, le jour s’éveille dans un univers où la plupart des générations féminines se lancent dans ce genre d’emplette. Rituel inoffensif? Certes. Mais… n’est-ce pas là, le début d’une grande romance?

Des gamines heureuses, romantiques, pleines d’espoir, les contes les amènent à croire aux princes charmants, aux braves chevaliers, aux ténébreux conquérants. Qu’en est-il de ces princesses si belles, si… parfaites? Votre princesse l’est-elle? Bien sûr que non! Et c’est tant mieux comme ça puisqu’elle n’en est pas moins charmante. Casser le mythe de temps en temps, c’est plaisant.


La vérite sur les vraies princessesLa vérité sur les vraies Princesses par Philippe Béha et Dominique Demers / Éditions Québec Amérique jeunesse

« Une foule d’informations circulent sur les princesses […] Mais tout cela est-il vraiment vrai? »

Ce livre vous offre d’abord quelques pages d’images tout en nuance du si populaire rose auprès des princesses et vous présente les belles croyances véhiculées dans les contes. Puis, les illustrations se font soudainement plus colorées puisque les VRAIES princesses ont bien plus de pigments à offrir. Le texte humoristique (qui mise sur la répétition de son « slogan », « Les VRAIES princesses ») donne évidemment la cadence afin d’assurément rehausser l’estime de vos Miss personnalités. Sympathique à souhait et tout à fait coquin, vos « VRAIES princesses » adoreront.

Qu’en est-il de vos demoiselles? Elles gardent souvent ce cœur bien amoureux sous des airs plutôt orgueilleux. À leur fenêtre d’adolescente, elles regarderont sans doute quelques prétendants déambuler. Elles s’acoquineront même, certains de ces badins. Rares sont celles qui trouveront si tôt, mais en attendant le bon, le grand, l’Homme, elles peuvent continuées d’y rêver.

Le Pelican par Odette LeclercLe Pélican par Odette Leclerc / Éditions Kody Blue

Alexandrine, une jeune femme propriétaire d’une boutique médiévale et grande passionnée des chevaux, décide de donner un nouveau tournant à sa vie amoureuse. Avec une relation fade qui se termine, elle se questionne sur la façon de reconnaître l’amour véritable. Conseillée par sa tante et inspirée par un couple de sa connaissance, elle décide de choisir intérieurement un « signe » qui pourra se révéler à elle lorsque son chevalier des temps modernes se présentera. D’ici là, elle devra écouter les « messages de la vie » afin d’être guidé vers cet idéal sans se laisser détourner par l’attirance superficielle. Au-delà de cette quête amoureuse, Alexandrine est déterminée à sauver Aladin, un cheval dont la propriétaire est décédée, qui risque de tomber entre les mains d’un dresseur cruel. Jusqu’où ira-t-elle afin de préserver cette bête des traitements drastiques qui l’attendent?

Il s’agit du premier roman de l’auteure, Odette Leclerc, qui a par la même occasion démarré sa propre maison d’édition. Ce titre est léger, doté d’une petite touche d’humour et de quelques idées originales qui baignent dans un univers de personnages candides. En le bouquinant, les jeunes lectrices pourront rêver à leur idéal amoureux tout en ayant un regain d’espoir et de confiance en la vie qui se dessine tranquillement pour elles. Dans certaines parties du texte, surtout dans le discours du personnage de Lili, la tante d’Alexandrine, elles y retrouveront davantage une note de réflexion qui ne saurait faire de mal à cet âge. Malgré quelques maladresses dans l’écrit, je pense que ce titre saura plaire puisqu’il est « mignon, tout plein ».

Mesdames, vous en êtes à quelques chapitres de votre vie, il y a un moment que vous savez que l’amour a parfois ses pointes d’imperfection et c’est tant mieux puisque nous ne le sommes pas non plus. Toutefois, vous aimez toujours ces lectures qui vous amènent ce frisson de romance et ce petit nœud d’empathie pour l’héroïne qui doit tout de même cheminer vers sa propre intégrité.

Blanc maculé d'une ombre, Tome 1 / Catherine BourgaultBlanc maculé d’une ombre (Tome 1) par Catherine Bourgault / Éditions Première Chance

La relation amoureuse s’amorce dès les premières pages du bouquin contrairement à l’habituelle rencontre des dernières lignes. La romance y est donc intense même si graduellement elle glisse vers le drame du personnage de Sacha qui éclaboussera tous les autres malgré lui. Bien que le point de vue de la narration s’écrit de l’intérieur du personnage (au « je »), elle se partage de façon rotative entre Jenny, Sacha et Rick. L’histoire reste facile à suivre.

Sacha, pour qui Jenny reste un pilier essentiel, découvrira que les vagues de ses humeurs sont issues d’un trouble bien réel, la bipolarité. Il prendra conscience que la musique lui offre le salut nécessaire afin de rompre avec cette douleur qui le hante. Saura-t-il maintenir le cap pour vivre sa vie malgré tout?

Rick, volage et exubérant, vit sans compromis. Les soirées remplies de musique, d’amis, d’alcool et de femmes lui procurent une grande allégresse. Près de son frère, il se voit rapidement entraîné dans l’existence de Sacha. Jusqu’à quel point son quotidien sera-t-il ébranlé?

Jenny, éperdument amoureuse de Sacha, oublie de vivre pour elle-même. Lorsque l’équilibre de son couple encaisse les contrecoups de la maladie de Sacha, elle sombre. Tout son grand désir passionnel reste bien ancré en son sein, mais les soupirs de détresse se font de plus en plus alarmants. Réussira-t-elle à soigner la profonde déchirure qui la laisse perdue dans une existence qui ne lui appartient plus?

Ouf! Quel roman! Si je peux vous affirmer quelque chose, c’est que Catherine Bourgault écrit vraiment très bien, d’autant plus que c’est son premier roman. La psychologie des personnages est particulièrement bien ancrée et constante. Les descriptions y sont détaillées et précisent. Pour ce qui est de la romance, les adeptes seront largement servis, car il y a beaucoup de scènes d’amour enfiévrées. Le bouleversement des personnages est également bien amené. Un petit bémol, le lecteur connait la maladie de Sacha dès le début puisque c’est mentionné dans le résumé, ce qui m’a donné un peu l’impression d’attendre la suite du grand verdict. À mes yeux, la première partie aurait dû être écourtée, mais c’est très subjectif puisque je ne suis pas une habituée des drames, ni une fan des romances aussi enflammées. J’attendais donc que ça bouge un peu, qu’une résistance s’impose, que l’intrigue se mélange à la romance. Si vous êtes plutôt comme moi, je vous annonce qu’elle arrive éventuellement dans l’histoire, soyez patiente, la deuxième partie est plus intéressante et déboule vers une fin tout à fait inattendue.

 Faites tous d’agréables lectures! Quant aux cœurs à prendre, je vous souhaite des rencontres pétillantes. 😉

[Source de l’image de l’entête: http://www.flickr.com/photos/clevercupcakes/3542699856/sizes/m/in/photostream/]

 

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