Entrevue : Marie-France Auger, auteure chouchou de l’AÉQJ!

L’AÉQJ (Association des écrivains québécois pour la jeunesse)adore la littérature jeunesse d’ici et se passionne pour ses membres : artisans et créateurs littéraires essentiels au développement, à l’apprentissage et au mieux-être des jeunes.

La rubrique Auteur.e chouchou vous offre un moment privilégié avec eux.

Place à la découverte de l’auteure Marie-France Auger…

 

LA LITTÉRATURE JEUNESSE

 

Quand vous étiez enfant, lisiez-vous beaucoup ? Que lisiez-vous ?

Énormément! J’avais un faible pour la science-fiction et les œuvres fantastiques. Suzanne Martel, Daniel Sernine et Marion Zimmer Bradley étaient mes auteurs favoris.

Avez-vous toujours rêvé de devenir auteur, ou votre venue à l’écriture jeunesse est un hasard de la vie ?

J’ai longtemps pensé devenir éditrice. Je ne croyais pas pouvoir devenir auteure. Mais j’avais cette passion pour la lecture et je me voyais très bien conseiller les auteurs, corriger leurs manuscrits, etc.

Selon vous, peut-on écrire sur n’importe quel sujet en littérature jeunesse ?

Oui, tout est dans le traitement… Il faut savoir être agile!

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la littérature jeunesse est inférieure à celle destinée aux adultes ?

Je suis attristée de voir que ce débat a encore lieu. C’était le sujet de l’heure en 1995 lorsque j’étais à l’université. Dommage que le sujet n’ait pas plus évolué que cela!

Croyez-vous que l’auteur jeunesse doive adopter le langage de ses lecteurs ? Pourquoi ?

Avec parcimonie. Il est bien que le lecteur puisse s’identifier aux personnages, mais je crois que la littérature jeunesse a aussi le mandat de faire découvrir aux jeunes les richesses de la langue française : ses mots, ses expressions, etc. Les œuvres jeunesse sont aussi des œuvres éducatives.

 

VOTRE VENUE À L’ÉCRITURE

 

Pourriez-vous nous raconter vos débuts dans l’écriture ? Y a-t-il eu un événement déclencheur ?

De retour au Québec (après 6 ans à Vancouver), j’ai senti le besoin de donner suite aux études que j’avais entreprises en Colombie-Britannique sur les littératures dites « minoritaires » au Canada. J’ai voulu servir une cause et offrir aux enseignants hors Québec ce qui leur avait manqué jusque-là : des textes identitaires, courts, authentiques et à la portée des élèves.

Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire ?

Le manque d’ouvrages littéraires jeunesse adaptés aux populations francophone et francophile de la Colombie-Britannique. Comme enseignante, à l’époque, il m’était difficile de trouver des ressources qui soient appropriées.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans les journaux, principalement.

Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

Une fois que je commence à écrire, il est difficile de m’arrêter. La fièvre de l’écriture s’empare de moi, littéralement!

Avez-vous besoin d’une ambiance de travail, d’un lieu ou d’un rituel d’écriture pour vous plonger dans l’écriture ?

J’écris face au lac. Je me prends un café et des biscuits… J’ouvre mon ordinateur et… la magie opère! Je n’écris pas lorsque je n’ai que quelques heures. Je réserve généralement mes fins de semaine ou mes vacances d’été (ou d’hiver) à l’écriture.

Éprouvez-vous des difficultés au moment de l’écriture ? Comme le syndrome de la page blanche ?

Rarement. Il m’arrive d’avoir un peu de difficulté à démarrer, mais comme je me suis fait un plan rigoureux, je persiste et éventuellement les idées s’enchaînent d’elles-mêmes.

Lorsque vous êtes en travail d’écriture, lisez-vous d’autres auteurs du même genre ?

Jamais. Lire d’autres auteurs (particulièrement lorsque j’écris) me paralyse. J’ai longtemps été incapable d’écrire. Mes études en littérature, malheureusement, ont créé chez moi cette peur paralysante. J’appliquais des grilles analytiques sur chacun de mes textes… C’était très « handicapant »!

Avez-vous des thématiques préférées ou des obsessions liées à l’écriture ?

J’aime écrire des textes qui amènent les jeunes à réfléchir sur des questions sociales.

Préférez-vous écrire vos dialogues dans la langue parlée ou plus soutenue ?

Dans la langue parlée. Je préfère l’authenticité, sans aller trop loin dans le vernaculaire. Il y a toujours des contractions que je n’ose me permettre à l’écrit…

Faites-vous lire votre texte pendant la période d’écriture ? À quel moment ?

Oui. Mon mari est bon critique. Je lui fais lire mes textes une fois la première version terminée. Il questionne mes intentions, mes personnages, mes péripéties… Bref, ses commentaires sont toujours très judicieux.

Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte ?

Hormis la structure et les idées, je dirais que la sonorité est importante pour moi. Le texte doit se lire aisément. Le tout doit couler; ça doit être doux pour l’oreille.

Y a-t-il une part de votre écriture qui est autofictive ?

Tous mes textes le sont. Il y a toujours une partie de moi-même qui se retrouve dans les revendications de mes personnages, dans leur caractère. Les événements n’ont rien à voir avec ma vie, mais les personnages me collent généralement à la peau.

Lorsque vous terminez l’écriture d’un manuscrit, êtes-vous déjà prête à commencer l’écriture du prochain ?

Non. Je vis dans l’imaginaire de mes personnages encore quelques semaines avant de passer à un autre texte.

Y a-t-il un point commun dans la plupart de vos écrits ?

Oui. L’aspect social de ces derniers.

Lesquels de vos personnages vous ressemblent le plus ?

Mes héros.

Quelles sont les erreurs commises dans vos premiers textes, et que vous vous gardez bien de commettre de nouveau ?

Trop m’inspirer des gens de mon entourage.

Complétez à votre guise l’énoncé suivant : « L’écriture c’est… »

S’ÉVADER.

À quoi reconnaît-on, selon vous, un grand écrivain ? Un grand texte ?

Parler de sentiments et/ou de sujets complexes avec une facilité déconcertante.

 

LA PUBLICATION

 

Quel est le mode d’édition que vous avez privilégié ?

L’autoédition, pour la liberté que cela me procure. Comme enseignante de français au secondaire, j’avais peu de temps à consacrer à l’écriture en dehors de mon travail, la majorité de mon temps étant consacré aux corrections… Avoir la possibilité de travailler à mon propre rythme, bref, de ne pas avoir de pression du milieu m’a beaucoup séduite. Puisque je me fatigue rapidement d’une activité lorsque je la pratique trop longuement, l’autoédition m’a aussi permis de toucher un peu à tout et d’alterner les rôles. Je crois que c’est la raison pour laquelle je suis demeurée passionnée.

 

VOTRE PROCESSUS D’ÉCRITURE

 

Où puisez-vous vos idées et votre inspiration ?

De l’actualité.

Parlez-vous à vos proches de vos projets d’écriture ?

À mon mari… J’ose espérer qu’il aime cela !!!

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou improvisez-vous au fur et à mesure ?

Je fais un plan au préalable, mais je me permets une fois lancée de changer le cours des événements, et même la structure… Bref, je me donne un cadre dans lequel j’aime bien vagabonder ici et là!

Où écrivez-vous ?

Face au lac. Je dois pouvoir contempler la nature les rares moments où je relève la tête!

Vous écrivez à la main ou avec un ordinateur ?

À l’ordinateur, toujours. Je suis incapable d’écrire à la main. Les idées ne viennent tout simplement pas. Je suis incapable d’organiser ma pensée sur papier. Dans ce sens, je plains les élèves qui doivent encore écrire de cette façon lors de leurs examens de fin d’année, lors des examens du Ministère…

Poursuivez la découverte de cette auteure en explorant son site Web des Éditions M@griffe

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