Daniel Johnston – Un artiste dans le sens le plus pur du terme

Mercredi dernier, nous avons appris le décès de Daniel Johnston, survenu la veille, par le biais de son frère et imprésario Dick Johnston. Les chances que ce nom vous soit familier sont assez faibles. L’artiste californien était très loin du mainstream. Son influence n’en est pas moins monumentale.

Né en 1961 à Sacramento, Daniel Johnston était un artiste multidisciplinaire : auteur, musicien, chanteur et artiste visuel. Il était surtout connu pour sa musique qu’il a commencé à enregistrer lui-même sur des cassettes à la fin des années 70. La majorité de ses enregistrements avant 1990 sont par conséquent très bruts. C’est d’ailleurs de là que vient son côté « pur ». Il écrivait ce qu’il avait à écrire, disait ce qu’il avait à dire et rien n’était jamais poli. C’était de l’émotion honnête et sans filtre.

Il avait une fascination pour le démon et Casper le fantôme. L’homme souffrait de schizophrénie, de bipolarité et de dépression. En 1990, Daniel et son père Bill se trouvaient dans un petit avion à deux places. Le paternel de l’artiste était aux commandes. Daniel a été pris d’un épisode maniaque et s’est convaincu qu’il était Casper le fantôme. Il a donc éteint le moteur de l’avion et a jeté les clefs par la fenêtre. Bill, un ex-pilote de l’armée américaine, a dû manœuvrer un atterrissage en catastrophe. Heureusement, les deux hommes s’en sortirent avec des blessures mineures et Daniel fut interné dans un hôpital psychiatrique.

Nombre d’artistes ont démontré leur admiration pour Daniel Johnston. Kurt Cobain, Matthew Good, Phoebe Bridgers. En 2004, il mit sur le marché un album double contenant un disque complet de reprises par des artistes comme Tom Waits, Death Cab for Cutie, Beck, The Flaming Lips et Eels. Paul Leary de Butthole Surfers a été le producteur de son album Fun de 1994 sorti chez Atlantic. Bref, il était connu et apprécié par des gens plus connus du grand public. Vous avez même déjà entendu « Story of an Artist » dans une publicité d’Apple!

Certaines de mes pièces favorites du chanteur : « Devil Town » et « True Love Will Find You In The End ». Mais ma favorite demeure « Story of an Artist ». Cette chanson parle du fonctionnement de la tête d’un artiste et de l’incompréhension de son entourage et de la société. Elle était et est toujours d’actualité.

Listen up and I’ll tell a story
About an artist growing old
Some would try for fame and glory
Others aren’t so bold

And everyone in friends and family
Sayin’ “hey go get a job
Why do you only do that only
Why are you so odd?

“And we don’t really like what you do
We don’t think anyone ever will
We think you have a problem
And this problem’s made you ill”

The artist walks among the flowers
Appreciating the sun
He’s out there all his waking hours
Oh and who’s to say he’s wrong

But the artist walks alone
And someone says behind his back
“He’s got some gall to call himself that
He doesn’t even know where he’s at”

And they sit in front of their tv
Sayin’ “hey isn’t this a lot of fun”
And they laugh at the artist
Saying “he don’t know how to have fun”

Listen up and I’ll tell a story
About an artist growin’ old
Some would try for fame and glory
Others like to watch the world

Il laisse derrière lui un héritage incommensurable et même lui ne devait aucunement s’en douter. Mais son œuvre restera une des plus honnêtes et purs que nous aurons le plaisir de continuer à découvrir.

Je vous suggère de regarder le documentaire « The Devil and Daniel Johnston » et si je peux vous conseiller quelques albums, je dirais « Hi, How Are You » et « 1990 ». Mais vous avez l’embarras du choix, l’homme n’a pas moins de 20 albums à son actif!

Repose en paix Daniel. Tu l’as vraiment bien mérité!

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