Dans ce dernier tome, Rhéa Dufresne passe une fois de plus d’un personnage à l’autre dans sa narration, ce qui donne le rythme tout en rehaussant l’intrigue.

D’un côté, les dragons sont désormais divisés. Il y a ceux qui suivent et se soumettent à la volonté du Grand Noir, le dominateur. Et leurs opposants, qui croient que le règne despotique et cruel d’Haldor doit prendre fin. Aussi, cherchent-ils des alliés suffisamment audacieux pour se liguer à eux contre lui, mais ce soulèvement est loin d’être gagné d’avance.

Puis de l’autre, il y a Léna qui tente de rallier les peuplades humaines afin de faire front commun contre les monstres ailés. Leur chance de l’emporter est quasi inexistante, du moins si leur recherche concernant les failles de ces bêtes reste infructueuse. Sans quoi, la jeune fille joue un rôle clé, car son don exceptionnel de communiquer avec les dragons lui permet de mettre tout en œuvre dans le but de former une coalition avec ceux-ci. Cette entente demeure cependant source de discorde au sein des adversaires d’Haldor. Peuvent-ils vraiment avoir confiance les uns envers les autres ?

Dans ce tourbillon viennent s’ajouter des êtres qui étaient jusque-là restés hors de portée, au-delà des mers. Leur présence pourrait renverser le pouvoir, leur dessein s’avère pourtant incertain.

L’histoire prend tout son sens dans ce dernier tome où les personnages forts s’entrecroisent jusqu’à l’affrontement final. Le doute perdure quant à l’allégeance de certains, tiendront-ils leur promesse ou s’en détourneront-ils lors du combat fatidique ?

Dans tout ce branle-bas, le lecteur peut très bien voir le fléau de la domination faire son œuvre, tout comme la crainte de certains peuples pour d’autres les maintenir dans les idées préconçues. Il va sans dire que l’évolution de la société est nécessaire, mais gagner chacun à sa cause ne se révèle pas moins difficile. En somme, les sujets abordés par l’intermédiaire de la fiction sont intelligents et très bien menés jusqu’à l’éclat final. C’est un roman enlevant qui j’ose l’espérer amènera les jeunes dans une réelle réflexion. Sinon, je ne demeure pas moins certaine qu’ils sauront l’apprécier, car l’ambiance fantastique est conservée du début à la fin et il ne laisse pas un ressenti moralisateur.

C’est une excellente série à lire !

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Rachel Graveline

Née le 7 novembre 1979 à Montréal, Rachel Graveline est détentrice de deux DEC, un premier en Arts : Exploration théâtrale et un second Techniques de la documentation. Si elle a d’abord souhaité se diriger dans le milieu du spectacle, son envie de canaliser sa créativité à travers les mots l’a fait bifurquer en Création littéraire à l’UQAM. En croisant sa passion pour la littérature et son désir d’animer des ateliers culturels, Rachel a travaillé plusieurs années dans différentes bibliothèques. Mais son imaginaire foisonnant l’a poussée à créer des histoires. Même si c’est à un jeune âge qu’elle a commencé l’écriture, ce n’est qu’après son troisième enfant qu’elle s’est investie dans son projet de devenir auteure.

En 2018, son premier roman publié chez Béliveau éditeur, Karmacélia : secrets, rituels et sacrifices, se retrouve en librairie. Son aventure se déploie à l’été 2021 avec la publication de trois séries (Camping Transylvanie, Monsieur Zombie et les zombinos et Hantises) aux Éditions Victor et Anaïs. Elle y publie aussi Mystère et pommes d’amour, une romance pétillante pour les préadolescents. Au printemps 2022, Rachel publie son premier roman Frissons, Sombres aveux. Son second roman de la même collection chez Héritage jeunesse, Spectacle morbide, paraîtra d’ailleurs à l’automne 2022. Plusieurs autres titres verront aussi le jour en 2023, notamment avec sa nouvelle maison, les Éditions Pratico-pratique. Dans chacune de ses création, son but reste d'offrir des refuges au cœur de l’imaginaire.