Confession du vendredi 13 avec les gars de « Ça fout la chienne » : Luca Jalbert

Si tu es amateur d’horreur, de fantastique et de suspense, que tu aimes lire des bandes dessinées de genre, mais que tu ne connais pas encore le magazine “Ça fout la chienne”, il est grand temps d’y remédier ! L’idée de ce périodique est de présenter une foule de chroniques, d’entrevues et de critiques sur l’imaginaire (celui qui te dresse les cheveux sur la tête !) afin que tu puisses toujours avoir de quoi te mettre sous la dent (que tu sois mortel ou pas !).

Il ne faut pas oublier que les deux créateurs allumés de ce magazine te présentent aussi leur BD d’horreur, le must à lire et à relire. Ils t’offrent également la chance de découvrir d’autres adolescents avec du talent. Et qui sait, si tu oses, peut-être seras-tu un jour le prochain à faire valoir ton potentiel à travers leurs pages !

Mais en attendant… découvrons les deux gars qui se cachent derrière sa conception !

Luca Jalbert, c’est celui qui planche sur le visuel. Le bédéiste !

Il a commencé tôt en créant ses premières bandes dessinées à l’âge de 9 ans. Quelques années plus tard, à 14 ans, il a fondé sa compagnie Cabro Production où il est éditeur et producteur. Désormais, il se dédit tout entier à son art en faisant des conférences, en enseignant et en œuvrant dans le domaine du cinéma !

Avec son parcours audacieux et sa passion pour l’épouvante, on pourrait croire que Luca est sans peur, mais l’est-il vraiment ?

Quand t’étais p’tit gars…

 

Ta pire frayeur c’était…

Twister, un film de Jan De Bont…de vivre une catastrophe naturelle. Je me souviens avoir vu le film Twister en 1996 et être revenu chez-moi terrorisé à l’idée qu’une tornade emporte notre maison en compagnie d’une vache ! 😉

 

Tu n’aurais pas dû, mais…

…j’ai accroché un nid de guêpes au chalet dans la forêt en jouant avec un bâton de bois. Dès qu’il a touché le sol, les guêpes sont sorties en furie. Mon père n’a pas eu à me répéter de fuir à toute vitesse. Ce que j’ai fait, sans me retourner. J’ai fait un sprint jusqu’au chalet où je me suis enfermé.

 À l’adolescence…

 

T’as eu la peur de ta vie…

…quand la portière de la voiture s’est refermée sur ma main et qu’un de mes doigts est resté coincé. J’étais certain qu’il venait d’être tranché. Mon père a débarqué en vitesse du banc du conducteur en entendant mon cri et avait vu mon doigt dépasser à l’extérieur de la portière. Une fois la portière ouverte, ma main était en un seul morceau. C’est la bordure de caoutchouc autour de la portière qui m’a évité le pire.

 

Ton film d’horreur préféré…

C’était Scream, Frissons de Wes Craven sorti en 1996. Je me souviens l’avoir vu à la télé étant enfant lors de sa sortie. Le masque de Ghostface m’effrayait. Puis j’ai redécouvert le film et sa  trilogie quelques années plus tard et savouré les mises en abîme, la parodie et les multiples clins d’oeil aux classiques du cinéma d’horreur. Un régal pour le passionné de cinéma que je suis.

 

Tu n’as pas dormi de la nuit quand tu as lu…

The Body, de Stephen King. D’abord, j’ai lu la nouvelle il y a quelques semaines à peine, donc ce n’est pas à l’adolescence.  Y’a pas vraiment de livre qui m’a empêché de dormir à cette époque.

Résultats de recherche d'images pour « le corps stephen king »Le corps est une nouvelle d’un bouquin  de King intitulé Différentes saisons. Cette nouvelle a inspiré le film Stand by me en 1986, un classique maintenant du cinéma et qui mettait en scène une bande de gamins partant à la recherche du corps d’un adolescent frappé quelque part par un train entre champs et forêts au cœur du Maine sur l’intemporelle chanson de Ben E. King. Ce film m’a toujours infiniment touché par sa thématique de l’amitié et du temps qui passe. La nouvelle m’a fait découvrir ce même récit Stand by meplus en profondeur et m’a bouleversé au point de vue des jeunes. De leur misère, de leurs questionnements et de leur mal de vivre. La nouvelle m’a aussi fait découvrir un autre Stephen King, touchant, profond, poétique, nostalgique laissant de côté son horreur habituelle. La jeunesse, c’est mon public. J’adore travailler avec elle depuis plus de 20 ans, tissant au passage des liens forts et durables. Je ne m’en passerais pour rien au monde, car je crois qu’elle est ce qui me rend le plus heureux dans la vie. Et plus je vieillis, plus je suis très sensible à son sujet. Et de lire cette jeunesse si amochée et même abandonnée dans cette histoire, m’a créé un poing dans l’estomac et a perturbé ma nuit en m’apportant beaucoup de questionnements.

 Aujourd’hui…

 

Tu avoues que tu as encore peur…

…de ce que nous réserve la nature. C’est la pire force destructrice et on a tendance à vite l’oublier en la détruisant et en lui crachant dessus. Plus on avance, plus on voit tous les changements que l’homme provoque lui-même. Ma plus grande peur est de perdre tous mes repères dans un désastre, que tout ce que tu as connu n’existe plus et de ne plus avoir rien de réconfortant à quoi te rattacher. Parfois je me rappelle de l’émotion que j’avais en sortant de la séance de Twister au cinéma.

 

Le film que tu as trouvé le plus effrayant est…

Résultats de recherche d'images pour « la conjuration »The Conjuring, La Conjuration parut en 2013. Bon, il y a tant de films effrayants et même dérangeants que je pourrais citer dans les grands classiques, je n’ai qu’à penser à Shining de Kubrick, aux différents «Giallo» italiens ou encore au récent It Follows qui m’a profondément séduit et dérangé, mais James Wan a su apporter avec son film, une vision neuve et rafraîchissante du bon vieux film d’esprits et de fantômes avec une réalisation recherchée à couper le souffle. Il y avait longtemps que je n’avais pas été aussi stressé dans une salle de cinéma et ce n’était pas juste dû à de mauvais jump scares comme  on nous en balance trop de nos jours dans les nouvelles productions. Il a su ramener la bonne touche de suspense et de latence que nous a si bien enseignée Alfred Hitchcock ou encore John Carpenter. Ne pas trop montrer, tout est dans l’imagination. Suggérer et laisser le tout tapi dans le noir, c’est là que toute la magie et la peur prennent forme. Dès qu’on nous en montre trop, on n’y croit plus.

 

Le livre que tu dois relire un jour…

 

Résultats de recherche d'images pour « 1984 george orwell »…est 1984 de George Orwell.

Pour voir à quel point son bouquin est toujours plus d’actualité d’année en année.
Fascinant! 

Le Magazine…

Résultats de recherche d'images pour « magazine ça fout la chienne »

Qu’est-ce qui vous a amené à concevoir « Ça fout la chienne » ?

L’intérêt de mes jeunes élèves en dessin face à mes illustrations faites au plomb et mettant en scène des enfants et des adolescents aux prises avec des phénomènes surnaturels et paranormaux. Je me suis dit qu’il y avait du potentiel derrière ça. Le plaisir que j’avais à dévorer des magazines  comme Tales from the crypt, Creepshow ou encore l’interaction avec les jeunes lecteurs comme dans les vieux Picsou Magazine de mon enfance. Cette envie de mélanger tout ce que j’aime, la bande dessinée, le cinéma, l’épouvante et la jeunesse et de créer un beau produit et de combler un vide et un manque au niveau des préadolescents et des jeunes ados.

Comment faites-vous la conception de vos numéros ?

C’est du travail! Sam écrit les histoires, je les dessine, je monte graphiquement le magazine, j’adapte, je conçois des pubs et des visuels, on établit des entrevues avec nos invités, je recherche des talents de la relève pour dessiner des histoires sans compter les abonnements, l’impression, les événements, etc.

Les perspectives…

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À quoi les abonnés doivent-ils s’attendre cette année ?

À de la lecture! On nous dit souvent que le magazine se lit trop vite. Que le plaisir est de courte durée. Donc de numéro en numéro, le nombre de pages augmente, on améliore des choses selon les conseils de nos lecteurs et je pense que ça leur fait plaisir au final!

Quels sont vos projets à venir ?

La sortie mondiale de ma série BD phare que je produis depuis mes 9 ans, Les aventures de Fonck et Ponck. Réédition complète de la série de 6 tomes et production d’un 7e tome commandé par mon nouvel éditeur les Éditions ADA. Le tout prévu pour 2021. Toute une aventure qui s’annonce! Travail, patience et persévérance  pendant 21 ans auront finalement porté fruit. J’entame ma 17e année de conférences dans les écoles du Québec, reprise de mes cours de dessin, reprise de mes contrats de vidéos corporatifs avec ma maison d’édition et de production CABRO* Productions. Enfin, de nouvelles saisons de la web série du magazine qui me trottent en tête…car travailler avec les jeunes, c’est des vacances!

Pour rester à l’affût des sorties du magazine et de ce que fait Luca, n’hésite pas à les suivre, commence par là : Ça fout la chienneLuca Jalbert 

N’oublie pas de découvrir aussi les confessions de Samuel Roy !

Et pour préparer ton vendredi 13, en plus du popcorn, visionne des vidéos d’épouvante !

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