DOSSIER : L’intimidation ou la loi du silence

DOSSIER : L’intimidation ou la loi du silence

Quel sujet que l’intimidation! En amorçant ce dossier, je ne m’attendais pas à un déferlement d’information aussi important. Outiller les jeunes, les parents, les enseignants ou tout adulte les environnant et susceptible d’aider est un défi de taille dans cette mer de renseignements. Prévenir ce comportement est sans aucun doute la meilleure option pourtant, guérir reste une dure réalité pour certains. Je vous offre donc ce document qui saura vous orienter directement vers votre besoin selon l’âge de l’enfant.

Pour ceux qui s’intéresseraient davantage au revers « adulte » (le « bitchage » et le harcèlement), consultez l’entrevue « Le bitchage entre femmes ou en milieu de travail, on en parle avec Marthe Saint-Laurent» qui saura vous renseigner.

Bof! Des histoires de cour d’école!

Plusieurs ont une forte tendance à banaliser ce que la victime peut ressentir. Ce n’est pas parce que vous l’avez vécu qu’il vous est propre de juger de l’étendue du problème chez un autre. Certains jeunes vous rapporteront fort probablement des histoires qui à leurs yeux seront de l’intimidation alors qu’en fait, ce n’est que de la chamaillerie entre copains. Aussi, vous les retrouverez quelques jours plus tard se promenant un sourire aux lèvres avec celui qui plus tôt était l’accusé. Est-ce vraiment nécessaire de généraliser?

D’abord, il sera primordial d’être très attentif pour juger de la situation. Sa confiance en vous, voire en l’adulte, sera décuplée par ce simple geste d’écoute. Le rabrouer ou sous-estimer son histoire risquerait de créer un repli qui aurait des répercussions ultérieures sur un problème plus sérieux (si celui qu’il vous présente ne l’est pas déjà). Vous ne serez qu’une goutte de plus dans son verre trop plein. S’il s’agit d’une dispute, comme dans le cas précédent, vous serez aux premières loges pour expliquer la gravité que représente l’intimidation tout comme l’accusation en ce sens, pouvant s’avérer lourde de conséquences. De toute façon, même s’il s’agit d’une chicane bénigne à vos yeux, il est clair que l’enfant ressent un trop-plein d’émotion face à cette situation qui le dépasse. Pourquoi ne pas l’épauler? Après tout, c’est votre devoir d’être un guide.

Ensuite, imaginez un instant la démesure dans laquelle une personne peut-être plongée face à l’isolement, au mépris de ses pairs, aux paroles injustes et parfois aux gestes brutaux. Ce genre d’expérience marquera l’enfant à vie, il peut en découler des troubles de santé physique et psychologique, sans parler des cas qui vont jusqu’au suicide. Alors, il vaut mieux intervenir dans une querelle banale que de risquer de ne pas agir en considérant mal une situation grave.

Comment définir l’intimidation?

« DAN OLWEUS, PSYCHOLOGUE ET CHERCHEUR norvégien spécialisé dans le harcèlement psychologique dans les écoles, a défini le mot intimidation, ou Bullying en anglais, comme étant un comportement agressif répétitif avec une intention négative, où il y a un déséquilibre entre les forces. » 1

Je m’en tiendrai à cette définition puisqu’elle offre un excellent rendu. Je vous propose de la relire et de bien soupeser la tournure dégénérative de tels événements. Pour ce qui est des détails je vous propose d’approfondir le sujet avec Non à l’intimidation : J’apprends à m’affirmer par Nancy Doyon et « Bitcher » et intimider à l’école : c’est assez par Marthe Saint-Laurent (commentés plus bas).

Il ne me parle pas. Comment savoir?

La communication n’est pas toujours facile entre parents et enfants. Plusieurs se demandent comment reconnaître les signes d’un tel mal-être. Une victime présentera différents indices dans son attitude physique, psychologique et sociale. Dans tous les cas, si vous avez des soupçons, rien n’est mieux que de tenter une approche délicate avec votre enfant (différentes techniques sont proposées dans le titre de Marthe Saint-Laurent). Le seul secret est l’observation, rien d’abusif, surtout si votre adolescent est sensible, soyez subtil.

Il est peut-être victime si :

  • Troubles alimentaires : Ce trouble peut indiquer d’autres problèmes, ne jamais négliger de remarquer s’il mange avec appétit.
  • Isolement : Est-ce qu’il est toujours dans sa chambre? Est-ce qu’il sort voir des amis? Invite-t-il des amis? Est-ce qu’il reçoit régulièrement des appels? Fait-il partie de certains groupes sportifs ou autres?
  • Fatigue : Présente-t-il des difficultés régulières à se lever le matin? Est-ce qu’il se plain souvent de fatigue? Difficulté à dormir? Reste-t-il couché dans la journée? (Isolée, cette caractéristique n’est peut-être pas significative)
  • Résultats scolaires : Ses notes ont-elles diminué drastiquement? L’école représente-t-elle soudainement une aversion complète? Présente-t-il des difficultés de concentration durant sa période d’études?
  • Physiques : A-t-il une posture courbée? La tête baissée? Des maux de ventre? Des maux de tête? Des nausées? Ces symptômes se présentent de façon régulière?
  • Assiduités scolaires : Résiste-t-il le matin à se rendre en classe? Est-il souvent en retard? Manque-t-il plusieurs cours? La communication entre parents enseignants semble-t-elle difficile (certains jeunes vont tenter de brouiller les pistes de leur absentéiste)?
  • Sauts d’humeur : délicat, je sais, mais il y a une différence entre un ado acerbe et en détresse. Quand l’avez-vous vue sourire la dernière fois? Semble-t-il nerveux, triste, déprimé, malheureux, enclin à des excès de colère?
  • Objets / Argent : Avez-vous remarqué si des objets ou de l’argent ont disparu? Est-il revenu avec des vêtements ou des choses abîmer à quelques reprises?
  • Changements de trajets : Manque-t-il l’autobus chaque matin? A-t-il décidé de changer de chemin pour se rendre en classe?
  • Blessures : Est-il revenu avec des ecchymoses ou des douleurs physiques sans être capable d’expliquer leurs provenances?
  • Anecdotes : Raconte-t-il des événements joyeux? Parle-t-il d’un ami qui a fait « XY affaire »?

Il est peut-être un intimidateur si;

Si votre enfant présente un manque d’empathie vis-à-vis des autres, trouve amusant de se moquer d’autrui à répétition ou présente un comportement violent, je vous propose ce lien afin d’approfondir la question « Comment éviter que mon enfant ne devienne un intimidateur » http://www.yoopa.ca/education/article/comment-eviter-que-mon-enfant-ne-devienne-un-intimidateur

La victime typique

N’importe quel enfant peut devenir une victime d’intimidation. Évidemment, un jeune différent (que ce soit par une caractéristique physique ou psychologique) attire davantage l’attention des autres et forcément devient une proie plus rapidement. Ce n’est pas ces traits typiques qui feront de lui une victime, mais sa réaction devant l’intimidateur. C’est pourquoi un jeune qui ne présente aucune particularité pourrait très bien devenir un souffre-douleur. Il ne s’agit que d’un moment propice où un point faible (nous en avons tous) est ressorti aux yeux de tous, pour qu’un bourreau apparaisse soudainement dans son paysage. S’il ne réagit pas adéquatement, il  a malheureusement de bonnes chances de devenir une cible. Il est important de comprendre que je ne dis pas que la victime est responsable de son état, mais qu’il est possible d’outiller un enfant pour éviter cette position de faiblesse. Il doit comprendre quand le temps est venu pour lui d’aller chercher les ressources nécessaires.

Et le bourreau?

J’aimerais aussi souligner qu’il est important de s’occuper également des bourreaux. J’entends déjà vos multiples réactions, mais je ne crois pas en la méchanceté. Il y a nécessairement un problème qui a mené l’enfant dans ce besoin de rabaisser l’autre. La sensation de pouvoir dans laquelle il se sent transporté n’est souvent qu’un triste miroir de son propre manque. Reste à savoir de quoi il retourne. Pour ceux qui ont des problèmes de violence, encore là, ils ne se sont pas rendus jusque-là sans raison. Il est donc impératif d’examiner la question avec des spécialistes si nécessaires (ça l’est probablement). Autrement, ne pensez pas que le fait d’avoir été victime le protège de devenir un bourreau.

Note : Ne jamais confronter la victime à son bourreau pour avoir l’heure juste! Il serait surprenant que l’intimidateur avoue ses torts. La cible, se voyant dans l’eau chaude, nierait sa plainte et se retrouverait dans une condition encore plus dramatique.

Comment prévenir?

Comme dans toute chose le secret est toujours dans la prévention même si ce n’est pas garant d’éloigner ce genre d’événement. Plusieurs éléments sont à privilégier dans le but de renforcer la personnalité affirmative de l’enfant afin de l’outiller devant l’intimidation. Je vous présente ici quelques aptitudes qui me semblent essentielles. Vous pourrez facilement aborder tous ces sujets à l’aide des livres proposés plus bas ou d’autres documents plus pointus qui visent directement l’attitude à renforcer.

Prêcher par l’exemple reste évidemment un nœud important. Souvent en tant qu’adulte, on oubli que de petites oreilles fragiles recueillent, que des grands yeux naïfs modélisent et surtout que leurs esprits en pleine évolution n’associent pas toujours le bon message à véhiculer. Je n’entrerai pas dans les exemples négatifs, mais il faut d’emblé s’avouer qu’en tant que parent, rien n’est parfait et être à même de s’avouer ses torts pour réajuster le tir est prépondérant.

Développer la confiance en soi à travers la valorisation de l’enfant dans ses activités qu’elle soit sportive, éducative, ou même dans les petites tâches journalières. C’est dans vos yeux que l’enfant juge de sa propre valeur, il est donc primordial de faire quotidiennement du renforcement positif. Ainsi, lorsque le moment sera venu d’introduire la notion d’amélioration dans ses points faibles, il n’aura pas l’impression d’être « juste poche ».

Le respect fait évidemment partie intégrante du phénomène de sociabilisassions. Se respecter soi-même et respecter autrui amènent forcément ces autres à adopter cette même attitude. Comment? Bien sûr, une partie de cette valeur se démontre par votre propre comportement. Malheureusement, ce n’est pas si simple. Je pense que le seul moyen est d’être patient et de réagir à toutes les situations où il y a un manquement à cette règle. Une grosse besogne quotidienne, quoi !

Développer l’empathie est primordiale dans la compréhension de son entourage, de ses propres émotions, de sa « normalité », de ses sentiments d’appartenance au monde ou de sa spécificité au sein d’un groupe. Lui faire reconnaître que les sentiments qu’il vit, les autres aussi les ressentent. Je pense qu’il faut lui répéter souvent qu’il ne doit pas faire aux autres ce qu’il ne désirait pas qu’on lui fasse. Ne pas hésiter à partager vous aussi vos émotions, cette rencontre l’aidera à développer son écoute (sans tomber dans des confidences qui pourraient le dépasser).

En tant que parent, il faut apprendre à lui montrer que vous n’êtes pas parfait, lui expliquer quand faites des erreurs, vous en excuser si ça le concerne. Cela lui montrera à accepter vos imperfections et par voie de conséquence, les siennes et celles d’autrui.

La communication est très importante. Il ne faut pas attendre que des événements arrivent avant d’en aborder le sujet. Plus bas, je vous donnerai plusieurs titres qui vous permettront d’aborder le sujet même avec les tout-petits. De cette façon, vous les familiarisez sur ce thème, développez votre relation et consolidez le lien de confiance. Ce sont des facteurs importants dans la croissance de vos rejetons.

Malgré toutes vos bonnes intentions, il ne sera pas l’abri de tels gestes à son égard. Il sera par contre plus en mesure de tirer rapidement son épingle du « jeu ».

Et si le mal est déjà fait?

Je ne vous donne ici qu’un aperçu de la démarche à entreprendre. Soyez assuré que les titres que je vous conseille ultérieurement sauront aussi efficace que détaillés dans la compréhension de la problématique, sur la façon de discuter avec votre jeune du sujet et dans sa résolution.

N’oubliez pas de le laisser d’abord déverser toute sa douleur tant en larmes qu’en mots. Écoutez, consolez, attendez que l’enfant se calme. Lorsqu’il est enfin prêt à amorcer une écoute, demandez en premier s’il se sent suffisamment calme et ouvert pour qu’ensemble vous puissiez parler de ce qu’il vit.

La visualisation dans un esprit constructif! Pour chaque événement, essayez de revoir avec lui ce qui aurait pu être différent. Comment s’est déroulée la situation? Peut-être qu’il ne pouvait rien y faire si sa sécurité était en jeu. Dans ce cas là, soulignez-lui qu’il a bien fait. Autrement, qu’elle aurait été les pistes possibles à prendre. Dites-lui bien que ce qui est fait est terminé et que cet exercice ne lui sera utile que pour reconnaître un prochain événement du genre et possiblement se tirer d’affaire avant que ça ne s’aggrave. Le matin avant son départ revalorisé-le, donnez-lui un petit objectif pour la journée que vous aurez pratiqué la veille en visualisant comment la scène pourrait se passer (exemple : si un autre garçon semble gentil ou « neutre », il devra le saluer). Chaque matin est un nouveau départ avec un nouvel objectif, dites-lui ses qualités en lui disant qu’il devra les utiliser pour se faire des amis. Déployer toute l’énergie positive dont vous êtes capable. Si vous y croyez, il y croira aussi, c’est déjà une clé importante. Soulignez qu’il faut être patient et que vous ne serez jamais déçu de lui.

Échafauder un plan en lui donnant une seule petite mission par jour, vous lui faciliterez la tâche qui semble tout une montagne au départ. Dire à un enfant de se faire des amis, de s’affirmer reste une chose abstraite alors qu’il se sent paralysé. Je vous conseille fortementNon à l’intimidation : J’apprends à m’affirmer pour comprendre ce qu’il vit et afin de lui montrer comment procéder un pas à la fois. S’il a plus de 10 ans, ne lui dites pas que c’est une « mission », adaptez le discours selon son âge. Le titre de Marthe Saint-Laurent vous donnera des bonnes pistes.

Revalorisez l’enfant en prenant l’habitude de remarquer ses bons coups. Soulignez-lui ses points forts, ses qualités et surtout combien vous l’aimez (malgré ses grands airs)!

C’est un travail d’équipe, il ne faut pas sous-estimer l’aide des enseignants, si le cas a dérapé longtemps, n’hésitez pas à consulter des spécialistes.

À noter : Ignorer ne fait absolument pas partie d’une solution où il y a de l’intimidation quotidienne. Ignorer doit être utilisé dans les cas où des copains, des « tannants » taquinent un peu. L’intimidation va beaucoup plus loin, on parle d’abus ici!

Ça s’écrit, ça se lit, ça se comprend

Dans les titres qui suivent, vous pourrez davantage examiner le fléau auquel l’enfant fait face et le soutenir dans sa démarche vers son bien-être. L’idéal est de lire les livres avec lui. S’il ne veut pas, lisez-le chacun de votre côté et parlez-en ultérieurement.

Non à l'intimidation: j'apprends à m'affirmer par Nancy DoyonNon à l’intimidation : J’apprends à m’affirmer par Nancy Doyon / Éditions Midi trente

Ce livre vise, à mon avis, un public de 8 à 13 ans, mais pourrait sans doute être utile à toutes les victimes et les parents qui se demandent « oui, mais comment? ». Avec un vocabulaire accessible et des exemples concrets, le jeune saura se sentir interpellé par ce petit livre dont la ressource est inestimable. On retrouve souvent sensiblement les mêmes directives dans tous les livres : ignorer, s’affirmer, dénoncer, ne pas s’isoler, etc. L’ensemble de ces suggestions ne finit que par être un tourbillon incompréhensible pour la jeune victime, timide, replié, écrasé. Ce titre est vraiment indispensable pour aider n’importe quel enfant dans son approche avec les autres. Il guide graduellement les pas de celui pour qui la capacité à sociabiliser est source de stresse et invite à découvrir des méthodes claires pour éliminer l’intimidation. Il amène également l’enfant à découvrir s’il est un bon ami parce que force est d’avouer que parfois la victime doit peut-être aussi corriger certains comportements désagréables qui lui sont néfastes pour développer des relations amicales.

Bitcher et intimider à l'école, c'est assez par Marthe Saint-Laurent « Bitcher » et intimider à l’école : c’est assez par Marthe Saint-Laurent / Béliveau éditeur

La bible du secondaire! Ici, on entre littéralement dans les témoignages poignants de jeunes ayant vécu l’intimidation. L’auteure, Marthe Saint-Laurent, s’adresse d’abord aux adolescents dans un langage simple et va même jusqu’à utiliser certaines de leurs expressions. Ils sauront non seulement se reconnaître à travers les témoignages, mais pourront facilement suivre les explications de l’auteure qui décrit ce qui aurait pu être évité et comment la tournure des événements aurait pu être différente avec les réactions adéquates. Aucun ton moralisateur, mais plutôt une voix qui se veut sincère en apportant son aide. Cette partie saura certainement toucher plusieurs adultes qui prendront conscience de l’ampleur de cette problématique qui n’est pas que de simples enfantillages. Par la suite, parents et enseignants pourront découvrir une section qui leur est destinée. Ils pourront ainsi redécouvrir l’auteure dans un discours plus adulte, mais qui saura également offrir une approche adéquate avec l’adolescent récalcitrant ou introverti. Ce livre pourra sans aucun doute vous aider à améliorer votre relation avec votre jeune et pourra vous offrir des méthodes pour le soutenir dans ses démarches.

Cyberintimidation

La cyberintimidation, des conséquences sans fin par Marthe Saint-LaurentLa cyberintimidation des conséquences sans fin par Marthe Saint-Laurent / Béliveau éditeur

Dans ce livre Marthe Saint-Laurent informe de la dégradation du fléau à travers les réseaux sociaux. Elle incite bien sur les parents à prendre connaissance de ce phénomène en dressant un portrait des principaux sites que les jeunes fréquentent. Elle donne aussi les répercussions établies selon de récentes études ainsi que d’autres histoires horribles de cybervictimes. Elle parle des jeunes tout en donnant aussi une importante place aux enseignants qui de plus en plus sont visés par la cyberintimidation sur les réseaux. Quoi faire? Comment réagir? Qui doit s’impliquer? Quelles sont les graves conséquences? Vous désirez connaître les réponses… Madame Saint-Laurent expose simplement et directement la problématique tout en dirigeant les principaux acteurs (enfants, parents, enseignants, directions, commission scolaire) vers une piste de réflexion, une prise de position et pousse tout un chacun à agir en conséquence selon le rôle qui lui incombe. Une problématique de société qui nécessite un mouvement de groupe.

 

L’expérience métaphorique à tous les âges

Puisque la lecture de fiction permet d’acquérir un certain niveau d’expérience, qu’elle est aussi un bon élément de départ pour amorcer une conversation sur un sujet aussi délicat, je vous donne ici certains titres avec leurs spécificités et le groupe d’âge visé afin de vous permettre de choisir ce qui est le plus approprié à la situation de votre enfant. Sinon, un titre d’ordre général vous permettra de discuter de ce thème avec votre jeune simplement pour prévenir et lui démontrer votre ouverture à l’écoute de ses problèmes, quel qu’il soit.

    • Pour les 3 à 8 ans

Léon la cible par Katia CancianiLéon la cible par Katia Canciani / Bayard Canada

C’est dans les yeux de Camille que l’on découvre les mauvais traitements subis par le petit Léon, une chenille qui rêve d’être un lion. Un jour, épuisé de douleur, Léon décide de se replier complètement dans son cocon. Sa copine trouvera-t-elle les mots pour soutenir Léon dans sa transformation?

Léon la cible, attire l’œil avec ses illustrations colorées et capte l’attention avec une histoire touchante qui pointe la triste réalité de l’intimidation vécue quotidiennement. À travers les images, les écoliers reconnaîtront l’univers scolaire recréé à l’échelle des petits insectes qu’ils aiment tant observer. La candeur donnée aux personnages, tant au niveau du dessin que de l’écrit, permet très certainement de s’attacher et assurément de développer l’empathie de l’enfant. En ce sens, il est idéal pour sensibiliser le gamin inconscient de l’ampleur de ses gestes ou de ses mots. Avec la présence de l’adulte pour appuyer sur les solutions offertes, il devient aussi un outil indispensable non seulement pour prévenir, mais également pour épauler les petits devenus souffre-douleurs. Un titre incontournable à lire à la maison ou à l’école!

    • Pour les 6 à 9 ans

Simon et les grands cornochons par Andrée-Anne GrattonSimon et les grands cornichons par Andrée-Anne Gratton / Éditions Pierre Tissère

Simon part en vacance pour Québec. C’est seulement lorsqu’il apprend que l’hôtel dispose d’une piscine que le voyage lui semble tout à coup plus joyeux. Dès sa première journée, le petit rouquin fait la rencontre de grands cornichons qui finiront par l’intimider suffisamment pour qu’il ne souhaite plus se rendre à la piscine. Qu’arrivera-t-il à Simon lorsqu’il se retrouvera seul dans les rues de Québec devant ce groupe de garçons?

Un autre titre bien réussi qui nous montre une situation très vraisemblable d’un contexte d’intimidation. C’est avec doigté qu’Andrée-Anne Gratton démontre à ses lecteurs que l’isolement n’est certainement pas une solution, et que le silence n’est qu’une invitation à s’acharner davantage. Un petit roman bien construit, agrémenté de quelques images et qui ne tombe pas dans les affres tortueuses de la victimisation. Le jeune public s’identifiera facilement et appréciera la touche d’humour. Je le recommande fortement pour ce groupe d’âge qui pourra acquérir implicitement la capacité à reconnaître une telle situation et agir en conséquence.

    • Pour les adolescents

Pour les lecteurs de 10 ans et plus la thématique de l’intimidation reste un sujet très utilisé sous plusieurs formes. Il m’était difficile d’en sélectionner un seul puisque plusieurs critères pouvaient être considérés sur la masse sans compter les goûts des jeunes. Je vous laisse donc explorer le tableau non exhaustif des titres que j’ai répertorié pour faciliter votre choix (j’y ai ajouté les livres chroniqués pour une liste facile à imprimer ;-), consultez le PDF tableau ).

Les livres de fiction sur l’intimidation

Image Map

*Tous ces titres peuvent être retrouvés dans votre bibliothèque de quartier. La responsable sur place pourra vous orienter, car l’information sur le sujet ne manque pas.

En conclusion

J’espère que désormais vous tenterez surtout de prévenir, mais que vous serez également plus outillé à enrayer la problématique en prenant soin de suivre les ressources propices à l’âge de l’enfant. N’oubliez pas que le moteur le plus efficace sera sans contredit de travailler en collaboration avec l’école, car même dans les cas plus légers, il faut s’assurer que la victime ne s’est pas repliée.

N’hésitez surtout pas à communiquer avec toutes les ressources nécessaires pour vous appuyer!

Je vous souhaite bonne chance dans vos démarches! Votre premier pas est fait, continuez…

[CE TEXTE N’EST QU’À TITRE INDICATIF, SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE, COMMUNIQUEZ AVEC LES RESSOURCES APPROPRIÉES]

Ressources

Aux victimes : N’oubliez pas d’ouvrir grand les yeux parce que même si vous ne le voyez pas toujours, autour de vous il y a des gens qui vous aiment et sont prêts à vous aider bien au-delà de l’image négative que votre bourreau vous a appris à percevoir. Ces ressources sont inestimables; amis, parents, famille élargie, et ces autres peuvent le devenir; gardienne, éducatrice, enseignants, surveillants, direction d’école. Une personne n’est pas tout le monde, n’hésitez pas à changer de confident si la première ne comprend pas votre malaise.

TEL-JEUNES http://teljeunes.com/accueil

JEUNESSE J’ÉCOUTE http://www.jeunessejecoute.ca/teens/home/splash.aspx

TEL-AIDE www.telaide.org

FONDATION JASMIN ROY http://fondationjasminroy.com/

CLSC http://www.indexsante.ca/CLSC/

CAVAC (Centre d’aide aux victimes d’actes criminels) http://www.cavac.qc.ca/

MARTHE SAINT-LAURENT, auteure et conférencière http://www.marthesaintlaurent.com/

NANCY DOYON, auteure, conférencière et coach familiale http://www.dimensioneducative.com/qui_sommes_nous/

Association québécoise de prévention du suicide
www.aqps.info

Association canadienne pour la prévention du suicide
www.casp-acps.ca

Ordre des psychologues du Québec
www.ordrepsy.qc.ca

Centre de prévention des agressions de Montréal
www.adosante.org/Cyberintimidation/01.shtml

Suicide Action Montréal
www.suicideactionmontreal.org

1. « Bitcher » et intimider à l’école : c’est assez /Marthe Saint-Laurent. – Longueuil : Béliveau, c2011. – 174 p. – ISBN 978-2-89092-488-8. – [p. 22]

5 commentaires

  1. bergui@msn.com'

    Tout un site web, il y a beaucoup de belles choses et cette section sur l’intimidation, je la trouve remplie et bien complète. Mes félicitations à Rachel Graveline! Je remercie cette dame pour son autorisation à publier ce lien, où vous trouverez un texte que j’ai composé contre le fléau de l’intimidation! Mon nom est Guillaume Bertrand.
    http://ensemblemaintenant.com/2012/03/13/lintimidation-cest-laffaire-de-tous-meme-de-guillaume/

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  2. bergui@msn.com'

    En passant, le site web Ensemble, maintenant est de Stéphanie Deslauriers. 🙂
    Guillaume Bertrand

    Répondre


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